La fièvre chez l’enfant Reponse d'un Pediatre

La fièvre chez l’enfant n’est généralement pas dangereuse. L’enfant fébrile peut présenter un changement de comportement (apathie, anorexie, céphalées,  diminution des activités, etc.) qui témoigne, au même titre que la fièvre, de sa réponse immunitaire. Cette situation peut être inconfortable, elle justifie alors un traitement. Objectif  La suppression de l’inconfort. Explications du pediatre

1-Chez l’enfant, quels sont les signes de gravité d’une fièvre :
La fièvre est définie par une température supérieure à 38 °C, en l’absence d’activité physique intense, chez un enfant normalement couvert, lorsque la température ambiante est tempérée. Une vigilance particulière est nécessaire devant un enfant de moins de 3 mois qui présente de la fièvre.
La présence de symptômes comme une difficulté respiratoire ou une fréquence respiratoire élevée, une conscience altérée, une absence de réponse aux stimulations, un renflement de la fontanelle, une pâleur ou une cyanose, de faibles cris ou grognements, une raideur de la nuque, conduit généralement à un transfert vers des urgences hospitalières.

2-Quelles sont les mesures à mettre en place devant une fièvre chez un enfant :
Le médecin rappellera aux parents que des mesures simples sont à privilégier, associées à un traitement médicamenteux : proposer fréquemment à boire, ne pas trop couvrir l’enfant et ne pas augmenter la température de la pièce.
Il peut prescrire en monothérapie pendant les 24 premières heures un antipyrétique : le paracétamol, ou en cas de contre-indication, un AINS : l’ibuprofène chez l’enfant de plus de 3 mois et le kétoprofène chez l’enfant de plus de 6 mois.
Les AINS ne sont pas à utiliser en cas de varicelle et avec prudence en cas d’infection bactérienne.

3-Quelles sont les règles de prescription des traitements médicamenteux :
Il convient de choisir le médicament de première intention en fonction des contre-indications, mises en garde et précautions d’emploi. En monothérapie, une seule molécule sera utilisée pendant les 24 premières heures.
Il n’existe aucun traitement préventif des convulsions fébriles.
L’aspirine (acide acétylsalicylique) n’est pas recommandée en cas de fièvre chez l’enfant, en raison d’un risque très rare mais potentiellement mortel de syndrome de Reye.
Une fièvre mal tolérée, malgré un traitement bien conduit pendant au moins 24 heures, nécessite une réévaluation médicale. Ce délai peut être raccourci chez le nourrisson de moins de 3 mois.

4-Les agents antipyrétiques disponibles chez l’enfant sont :
-Le paracétamol, dont la posologie recommandée est de 60 mg par kg et par jour. Les doses journalières sont réparties en 4 ou 6 prises, soit environ 15 mg/kg toutes les 6h (avec un délai minimal de 4 heures entre deux prises).

-En cas de contre-indication au paracétamol, le recours aux AINS est possible. L’effet anti-inflammatoire reste minime aux posologies antipyrétiques et antalgiques de ces produits. L’ibuprofène est indiqué chez l’enfant de plus de 3 mois et le kétoprofène chez l’enfant de plus de 6 mois. Les AINS ne doivent pas être associés.

5-La posologie recommandée est généralement de :
    -ibuprofène : 20 à 30 mg/kg/j en 4 prises
    -kétoprofène : 0,5 mg/kg/prise, sans dépasser 2 mg/kg/j, en 3 ou 4 prises.
Un intervalle de 6 heures doit généralement être respecté entre deux prises.

6-Quels peuvent être les effets indésirables de ces médicaments :
-Les principaux effets indésirables du paracétamol sont de rares réactions d’hypersensibilité, réactions cutanées et allergiques sévères.  En cas de surdosage, une cytolyse hépatique peut survenir.
-Les principaux effets indésirables des AINS, qui peuvent être minimisés par l’utilisation de la dose efficace la plus faible pendant la durée de traitement la plus courte, sont :
-infections cutanées et des tissus mous : les AINS ne doivent pas être utilisés en cas de varicelle et  avec prudence en cas de suspicion d’infection bactérienne
-exceptionnelles hémorragies digestives et ulcérations œsophagiennes ou gastriques
-cas exceptionnels d’insuffisance rénale aigue.

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